L'OFFICIEL - MAI 2009
FREDERIC BEIGBEDER, (MON) ECRIVAIN CHERI
propos recueillis par E.D
"Dans son Encyclopédie capricieuse du tout et du rien, Charles Dantzig a fait une liste du sexy. Il y évoque un sourire lent. A raison, c'est très érotique. Comme l'est l'humour. Toutes les femmes que j'ai aimées dans ma vie avaient en commun leur drôlerie. Nombre d'hommes recherchent une femme mystérieuse, évanescente. Moi, je m'ennuie avec ce genre de personnes. Je peux être attiré par une belle bouche et de beaux yeux, mais une fois que je lui aurais lancé deux ou trois vannes, il faut qu'elle me remette à ma place. Qu'elle ait le sens de la répartie. J'aime qu'une femme se moque de moi, qu'elle soit un peu folle, qu'elle rit aux éclats. Qu'il y ait de la vie, de la gourmandise. Une femme qui mange sera toujours plus belle qu'une anorexique. Freida Pinto dans Slumdog Millionnaire est d'une beauté renversante. J'aime son grain de peau mate qui a tout du brugnon. Et la dite peau doit être agrémentée d'accessoires. D'une belle lingerie à la Dita Von Teese. Il n'y a rien de pire qu'une femme qui se déshabille trop vite. Elle perd tout son mystère. Les obstacles, eux, sont envoutants. Les artifices ont un réel pouvoir sur ma personne : du rouge à lèvres, un parfum fort, un collier de perles à plusieurs rangs, un tissu doux.... Je suis assez friand de bottes. Comme Gainsbourg. "Jusqu'en haut des cuisses, elle est bottée, et c'est comme un calice à sa beauté". Il a tout dit. En général, j'aime ce qui est dissimulé. Une chemise très stricte, légèrement entrebaillée, me donne envie de me contorsionner pour surprendre ce qi ne doit pas l'être. Je suis aussi un grand amateur de clavicules. Quand une fille se baisse pour ramasser quelque chose, le cou se creuse et je peux apercevoir ses salières. Par contre, ce qui me fait détourner le regard, ce sont les tongs. On a l'impression que la fille s'est dit : "tiens, je n'ai envie de ne plaire à personne aujourd'hui". Je me souviens, lors de vacances à Formentera, être tombé sous le charme de la fille qui coupait le jambon Pata Negra à la supérette. C'était le sosie d'Inès Sastre. Avec son tablier et son couteau, elle était irrésistible. Une apparition au milieu de la charcuterie. Je l'ai ensuite revue sur la plage, mais le charme était parti, elle était redevenue une fille normale. C'est le contraste qui est séduisant. Ainsi, une femme est toujours très sexy quand elle fait un truc sérieux, qu'elle a l'air concentrée. Au volant ou lorsqu'elle me parle d'un truc important. J'aime les voix. Si elle a une voix rauque, de crécelle ou même de canard, ça me fait craquer.
Ces propos sont intéressants, mais certains sont des clichés.
A plus tard pour point de vue. De Femme.
LaurEnCerclée, un peu folle, pleine de répartie, et bardée de colliers à 10 rangs