LIRE - JUILLET/AOUT

Dans le dernier Lire bimensuel de juillet-août, il y a un long extrait du nouveau roman "un roman français" de Frédéric Beigbeder - parution 18 août aux Editions Grasset. On en reparle bientôt sur le nouveau site qui lui est consacré :) .
LIRE - JUILLET/AOUT
# Posté le mardi 07 juillet 2009 03:10

FEMMES - JUILLET 2009

FEMMES - JUILLET 2009
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le dimanche 05 juillet 2009 08:09

VOICI 1130 - HOMMAGE A MICHAEL JACKSON

VOICI 1130 - HOMMAGE A MICHAEL JACKSON
VOICI 1130


LE PUBLIC M'A TUER

FREDERIC BEIGBEDER

La mort de Michael Jackson me bouleverse anormalement. Notre émotion à tous est plus forte que prévu. Je vais vous expliquer pourquoi vous êtes si triste : parce que vous êtes coupable de non-assistance à personne en danger. Nous sommes complices d'un meutre collectif. Comme Jean-Baptiste Grenouille à la fin du Parfum de Suskind, Michael Jackson a été dévoré par la foule de ses adorateurs. Quand Britney Spears chante : "do you want a piece of me ?", c'est la même idée. Sur les paquets de cigarettes, il y a écrit : "FUMER TUE". Voici ce qu'il faudrait inscrire sur les disques de Jackson : "CHANTER TUE". Depuis l'âge de 5 ans, cet homme n'a pas connu une seconde de normalité. Il était détraqué mentalement, sexuellement déréglé et physiquement défiguré, et tout cela pour vous distraire. Sa vie était votre spectacle. Michael Jackson était la première star posthumaine, un enfant éternel sacrifié comme le Messie. Nous l'avons regardé s'enfoncer sans réagir. Tout le monde se foutait de sa gueule depuis quinze ans, et soudain les mêmes versent des larmes de crocodile. C' est notre honte qui nous émeut. Jackson a tenté de nous prévenir : "Laissez moi tranquille" (Leave me alone), "il va y avoir du sang sur la piste de danse" (Blood on the dancefloor), "Avez vous vu mon enfance ?, je cherche le monde d'où je viens (Childhood, thème de Sauvez Willy 2 composé par lui en 1994, il finit la chanson en sanglots). Ses trois derniers disques sont des appels au secours. En 1997, la chanson Morphine évoquait son explicitement son addiciton aux gélules anti-douleur, douze ans avant son overdose. La célébrité, on le sait désormais, c'est la destruction d'un individu par l'amour. Notre sul circosntance atténuante dans ce massacre organisé, planifié, multidiffusé en mondiovision du plus grand auteur-composituer musical du XXème siècle, c'est qu'il s'agit d'un crime passionnel
.


Les Etres de la semaine - Frédéric Mitterrand, Farrah Fawcett, Hannah Montana, Jacques Dutronc - ont tous un point commun avec Michael Jackson, dont les obsèques auront lieu le 7 juillet prochain à Los Angeles, dans le stade qui accueillait les répétitions de ses prochains spectacles
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 04 juillet 2009 09:53
Modifié le samedi 04 juillet 2009 12:15

LIRE - JUILLET/AOUT 2009

LIRE - JUILLET/AOUT 2009



Les raconteurs d'histoires

Frédéric Beigbeder



Il paraît que nous vivons dans un monde de storytelling. Nous serions entrés dans une ère post-publicitaire, où la manipulation des masses ne se ferait plus à coups d'images et de slogans mais d'histoires fabriquées. Les conseillers en communication politique et les directeurs du marketing des grandes marques cherchent désormais à nous raconter tout un fatras d'histoires passionnantes, avec rebondissements, coups de théâtre et rédemptions, pour nous séduire insidieusement. Quelle place accorder au roman dans ce magma encombrant? La rentrée littéraire qui approche est l'occasion de poser la question qui fait froid dans le dos: pourquoi continuer à lire des fictions dans une époque de storytelling? Les industriels et les gouvernements vont-ils parvenir à tuer le roman à force de lui emprunter ses recettes pour vendre des produits cosmétiques et Barack Obama?

Il suffit d'ouvrir les livres de la rentrée pour trouver la réponse. A l'automne 2009, toutes les histoires que les romanciers vont vous raconter serviront à dire le malaise de leur génération (Solo de Michka Assayas), comment tout lecteur est un espion (Par effraction d'Hélène Frappat), les noces du Bien et du Mal (Jan Karski de Yannick Haenel), la fabrication d'un néo-homme et d'un monde propre (L'autre vie de Mathieu Terence, Nord absolu de Fabrice Lardreau), une dépression amoureuse (Un jour comme un autre de Bertil Scali) ou une idylle d'aujourd'hui (La délicatesse de David Foenkinos, Les aimants de Jean-Marc Parisis).

Les romans français contemporains ne font pas du storytelling, sauf ceux de Guillaume Musso. Il existe un terme bien plus joli pour définir sa mission: la «racontouze» chère à Perec. Si nos romanciers utilisent parfois encore les techniques des storytellers professionnels, c'est pour s'en affranchir, les pasticher, les détourner. Le roman français réfléchit depuis presque toujours à sa propre narration, bien plus que le roman américain ou russe. Depuis Rabelais, c'est du «n'importe quoi telling»! Voltaire fait semblant de raconter une histoire pour dire autre chose sur la société. Montesquieu s'envoie des lettres pour critiquer la folie de son temps. Balzac crée des personnages pour se moquer de la comédie humaine. Proust utilise le prétexte d'une intrigue amoureuse pour plonger dans les méandres du cerveau. Céline fait le tour de la planète pour révolutionner la langue. Le roman français n'a JAMAIS fait de storytelling pur et simple, il y avait toujours AUTRE CHOSE derrière. C'est cette autre chose qui nous pousse à continuer de lire des fictions. Ce truc que nous cherchons peut s'appeler psychologie, style, charme, grâce, vérité, beauté mais en fait c'est toujours la même chose: quelqu'un. Un roman c'est quelqu'un. Cela me rappelle l'anecdote (véridique ou inventée?) rapportée par Mathurin Maugarlonne sur Cioran et Michaux dans A la rencontre des disparus (Grasset, 2004, page 330). Cioran dit à Michaux:
- L'homme va disparaître.

Et Michaux répond:
- C'était tout de même quelqu'un.

Difficile de prévoir quand l'homme va mourir en tant qu'espèce mais une chose est sûre: tant qu'il existera, il écrira encore des romans.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le mercredi 01 juillet 2009 05:55
Modifié le vendredi 03 juillet 2009 03:26

FREDERIC BEIGBEDER - AU SUJET DE LA MORT DE MICHAEL JACKSON

FREDERIC BEIGBEDER - AU SUJET DE LA MORT DE MICHAEL JACKSON
A PROPOS DE MICHAEL JACKSON

FREDERIC BEIGBEDER DANS LE JOURNAL DU DIMANCHE DU 28 JUIN



Je suis triste. C'est avant tout un artiste majeur de son temps qu'on a perdu." L'écrivain et critique littéraire Frédéric Beigbeder a appris à Saint-Pétersbourg la disparition de Michael Jackson. Le soir même, il est passé derrière les platines d'un club de la ville et a fait danser son monde sur 20 titres du chanteur, enchaînés.

"Je suis fan de sa musique depuis longtemps, et depuis longtemps, je passe pour un ringard pour cette même raison. Je constate que les observateurs sont revenus à plus de raison depuis jeudi soir..."

La vague d'émotion que sa disparition soulève n'étonne pas l'auteur de Nouvelles sous ecstasy. "Je ne suis pas d'accord quand on dit qu'il est en dessous de Presley ou de Lennon sur un plan artistique. Je rejoins Michel Houellebecq quand il dit qu'il était un artiste total." En se massant autour des églises pour allumer des cierges à sa mémoire, le public a perçu la "dimension sacrificielle" de Jackson.

"Les gens savent que, dans le fond, il a payé de sa vie une consécration de tous les instants à sa musique, depuis l'âge de 5 ans, poursuit Frédéric Beigbeder. Si Prince ou Madonna venaient à disparaître demain, l'émotion serait en deçà car le public perçoit que ces deux-là sont dans le contrôle permanent de leur carrière. Ils sont dans la gestion et beaucoup moins dans la spontanéité et la passion. A la différence de Michael Jackson, ce qui lui confère aujourd'hui une dimension quasiment messianique. Un peu Jésus à sa manière..."
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le jeudi 02 juillet 2009 13:09

VOICI 1129

VOICI 1129
VOICI 1129

La téléréalité musicale est elle morte ?

FREDERIC BEIGBEDER


La Nouvelle Star n'est plus nouvelle et ne produit plus de stars. Cette année, le spectacle n'a pas eu lieu, les chansons retenues étaient pitoyables, le jury embarrassé. Quand au gagnant, le dénommé Soan... Sa version épouvantable de One de U2 mériterait que Bono en personne vienne lui tirer les boucles d'oreilles. L'album d'Amandine Bourgeois (gagnante de l' an dernier) est consternant de banalité. Cette jeune femme qui épatait en direct par un timbre et une énergie de Bette Midler dans The Rose semble avoir été formatée pour devenir une petite chanteuse de variétoche inoffensive. Seuls Julien Doré et Christophe Willem surnagent, et encore...Le premier n'a jamais retrouvé l'ironie nirvanesque de sa reprise de Moi, Lolita, le second cherche un renouveau électro sasn convaincre. Ne parlons même pas de la Star Academy par charité chrétienne. Que s'est il passé ? On a fait croire à toute une jeunesse que le talent consistait à reprendre de vieilles chansons dans des radiocrochets géants. On a fait miroiter à des artistes naïfs qu'une notoriété instantanée suffisait à bâtir une pop star sans univers personnel ni compositions originales. On a expliqué aux générations à venir que la musique était un grand karaoké et qu'il suffisait de taper 1 ou 2 pour élire les prochaines vedettes du show-biz. Je trouve très rassurant que ce système se soit effondré cette année. Malgré le tapage, le buzz, le marketing, la promotion, rien ni personne n'a tenu la route, tout le programme sonnait faux. Le mystère d'un tube demeure entier. On ignore pourquoi quelqu'un a du talent et son voisin aucun. On est incapable de planifier un succès. John de Mol a raison : la real-TV qui ferait la meilleure audience serait celle où l'on ferait voter les téléspectateurs pour tuer chaque semaine un des participants. Le problème est que cette émission existe déjà


+ les 5 êtres de la semaine dont le pollueur Yann Arthus Bertrand


et



Que dire du dernier chef-d'oeuvre des productions Pixar, vu et loué à Cannes : Là-Haut. En salles le 29 juillet.

LaurEnCerClée
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 27 juin 2009 06:35
Modifié le dimanche 28 juin 2009 10:12

GQ - JUILLET 2009

GQ - JUILLET 2009
GQ - JUILLET 2009


ENTRETIEN BEIGBEDER- DUBOSC


Introduction de Frédéric Beigbeder


La scène se passe à Cannes, en plein Festival, sur la plage du Chacha, à l'heure du déjeuner. Alangui dans un transat, Franck Dubosc bronze en compagnie d'Alexandra Schamis, son agent-attachée de presse-confidente-maman. Les paparazzi ne doivent vraiment rien à voir à se mettre sous la dent pour mitrailler ainsi notre poignée de main balnéaire. Ou alors, esquissons un espoir : notre rencontre est réellement un événement national. Le frimeur prolétaire de Camping, Disco et Incognito déjeune avec l'auteur le plus snob et prétentieux de France ? Diantre, mais qu'allons nous trouver à nous dire ? Réponse : des histoires de rallyes mondains et de râteaux sexuels. La glace se brisa vite. Le rosé aidant, j'ai même fini par croire que nous avions dissipé le malentendu entre les vivants, aplani nos différences sociales, bref, ne vous déplaise que nous nous aimions le temps d'une chanson
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le vendredi 19 juin 2009 12:02
Modifié le dimanche 28 juin 2009 10:22

LE CERCLE DU 19 JUIN 2009

LE CERCLE DU 19 JUIN 2009
LE CERCLE DU 19 JUIN 2009

LE DERNIER DE LA SAISON



LaurEnCerClée :|
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le lundi 22 juin 2009 16:21
Modifié le jeudi 25 juin 2009 16:31

VOICI 1128 - L'ANGOISSE DU DISC JOCKEY (au moment de l'enchaînement)

VOICI 1128 - L'ANGOISSE DU DISC JOCKEY (au moment de l'enchaînement)
VOICI 1128


L'ANGOISSE DU DISC JOCKEY

(au moment de l'enchaînement)


FREDERIC BEIGBEDER


Nous sommes tous d'accord : aucun métier n'est plus bidon que celui de disc-jockey. Un disc-jockey n'est pas un musicien mais un pousseur de disques. Il s' approprie le talent des autres. Quand il vole un morceau, il appelle cela du "sampling". Quand il recycle les vieux succès, il dit qu'il les "remixe". Pourtant ce métier d'usurpateur est très prisé des artistes, et pas seulement parce qu'il permet d'être bien rémunéré pour un non-travail. Personnellement, j'adore faire écouter mes disques à "une foule qui nous traîne, nous entraîne, écrasés l'un contre l'autre", comme disait une môme décédée. Récemment, j'étais DJ à la féria de Nîmes. J'ai du m'adapter aux désirs des fêtards tauromachiques. Claude François leur plaisait plus que Depeche Mode. La semaine suivante, au Soho Club de Moscou, j'ai dû renoncer à mettre ma compil des Beatles : là-bas, on n'écoute que de la house et du R'n'B. Etre DJ oblige à une forte dose de démagogie. Il faut observer ce qui se passe, tendre l'oreille et deviner ce que les gogos-danseuses attendent de vous. Au fond, il n'y a pas une grande différence entre un disc-jockey et un homme politique : tous deux vous font entendre la musique que vous espérez d'eux. Les meilleurs deejays sont des sortes de devins. Ils sentent que vous en avez déjà marre de Love Sex Magic de Ciara et Justin Timberlake, et vous envoient Nirvana au visage -et soudain c'est votre visage qui est au nirvana. Cela semble facile mais peu y parviennent. Lundi dernier, j'ai eu le privilège de mixer avec Bob Sinclar au Cercle Interallié. Avec nos chevelures et nos barbes, il était quasiment impossbile de nous distinguer l'un de l'autre, sauf lorsque nous passions les morceaux en alternance. Dès que Chris (son vrai prénom) prenait les platines, tout le monde dansait. Lorsque je suis intervenu, Alain Delon est rentré se coucher. Nous avions chacun tenu notre rôle.


+ les 5 êtres de la semaine, dont Carradine, Vian, et Daniel Cohn-Bendit


et


"J'ai Vu" la prestation scénique du DJ Martin Solveig à l'Olympia

Ce prochain billet sera accompagné d'une photo de Daniel Cohn-Bendit

Photo : Sandra Lou, ex-Bachelorette, citée par Frédéric dans son avant dernière chronique de Voici. PARCE QUE citée par Loic Prigent dans sa chronique dans le dernier Vogue




LaurEnCerclée :$
# Posté le vendredi 19 juin 2009 11:50
Modifié le samedi 20 juin 2009 05:50

FREDERIC BEIGBEDER AU FIGARO

FREDERIC BEIGBEDER AU FIGARO
A L'OCCASION DU CINQUANTIEME ANNIVERSAIRE DE LA DISPARITION DE VIAN


FREDERIC BEIGBEDER AU FIGARO

"JE MOURRAI AU FLORE"



par Jean-Christophe Buisson



L'écrivain * nous dit son amour pour Saint-Germain-des-Prés et dévoile ses adresses préférées.

Le Figaro Magazine - Quel est votre lien avec Saint-Germain-des-Prés?

Frédéric Beigbeder - J'y ai grandi au point d'en connaître le moindre centimètre carré et j'y habite encore aujourd'hui et n'en bougerais pour rien au monde. On me le reproche, on me moque, on m'insulte, peu m'importe : je suis un écrivain germanopratin et je suis fier de porter cette croix. Je mourrai au Flore !

L'esprit du Saint-Germain-des-Prés des années50 est-il encore vivant?

Si l'esprit Saint-Germain-des-Prés se définit par la présence, dans le quartier, nuit et jour, d'écrivains, d'artistes et d'intellectuels, et de lieux pour les accueillir, alors oui, l'esprit Saint-Germain-des-Prés est encore bien vivant. L'impression contraire a été véhiculée par la chanson d'Alain Souchon Rive gauche à Paris, la fermeture successive du Drugstore, du disquaire Raoul Vidal et de la librairie du Divan, et l'ouverture d'enseignes de luxe comme Cartier ou Dior. Mais depuis, la tendance s'est renversée.

Concrètement, quoi de neuf à Saint-Germain-des-Prés?


De nouvelles librairies comme Taschen ou Assouline, qui s'ajoutent à celles de La Hune, du Dilettante, de L'Ecume des Pages ou d'Un Regard Moderne, la meilleure de toutes (10, rue Gît-le-C½ur) ; de nouveaux hôtels comme le Bel Ami, La Villa ou le Montana (28, rue Saint-Benoît) ; de nouveaux bars ou restaurants comme celui du Montana, justement, ou La Société (4, place Saint-Germain-des-Prés), la nouvelle adresse branchée des frères Costes, dont la décoration intérieure est signée Christian Liaigre. Tous ces nouveaux lieux où l'on croise des écrivains, des éditeurs, des chanteurs, des philosophes et des jolies filles n'enlèvent rien aux autres bonnes adresses : le Flore, Les Deux Magots, La Palette et Le Balto pour boire un verre en début de soirée, le café Germain, Lipp ou Allard pour dîner, Castel pour boire un verre en fin de soirée...

Comment allez-vous honorer le cinquantième anniversaire de la disparition de Boris Vian?
En signalant ceci : ayant fait écouter des 78 tours de jazz au Tabou, rue Dauphine, en 1948, j'affirme que Boris Vian fut le premier DJ de l'histoire de l'humanité !


LaurEnCerclée
$)
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le vendredi 19 juin 2009 15:54